Team building

Mesurer le retour sur investissement d’un team building

Par Maxime
5 minutes

Pourquoi mesurer l’impact d’un team building est devenu essentiel ?


Le team building a le vent en poupe dans les entreprises, associations et collectifs de tous horizons. Ateliers créatifs, jeux de cohésion, séjours en pleine nature ou workshops en salle : autant de formules qui promettent une meilleure ambiance et une efficacité renouvelée. Mais au-delà de l’effet "wahou" sur le moment, comment savoir si l’investissement consenti — en temps, en argent, en énergie — porte réellement ses fruits ? Mesurer le retour sur investissement (ROI) du team building n’est plus une option : c’est la clef pour convaincre la direction, rationaliser les budgets, ajuster ses pratiques et générer de véritables progrès collectifs.


Définition du ROI en team building : que mesure-t-on vraiment ?


Le "retour sur investissement" (ou ROI) désigne le rapport entre ce que vous avez engagé (argent, temps, ressources humaines) lors d'un événement d'équipe, et ce que cela vous a véritablement rapporté au niveau collectif. Dans le cas du team building, l’objectif final n’est en général pas strictement financier, mais il porte sur des indicateurs concrets : meilleure collaboration, réduction des tensions, hausse de la satisfaction ou même augmentation de la productivité.


On peut donc parler de ROI quantitatif (liens avec l’efficacité ou la performance mesurable) et de ROI qualitatif (ressenti des équipes, climat social, innovation, fidélisation). L’idéal ? Combiner les deux pour obtenir la vision la plus juste.


Investissement : ce qu'il ne faut pas oublier de comptabiliser


  • Coût du prestataire ou achat de matériel (animation, logistique, location d’espace...)
  • Temps de préparation et de participation (heures salariés, encadrement, RH…)
  • Frais annexes : transport, hébergement éventuel, restauration
  • Heures d’absence impactant la production ou le travail courant

Retour : qu'est-ce qu'on peut espérer obtenir ?


  • Amélioration de la communication interne
  • Résolution de conflits ou réduction du turn-over
  • Montée de l’engagement, de la motivation ou du sentiment d’appartenance
  • Développement de nouvelles compétences collaboratives
  • Parfois, hausse de la productivité ou de l’innovation

Comment mesurer concrètement les effets d’un team building ?


Il existe différentes méthodes, complémentaires, pour évaluer l’impact réel d’une activité de cohésion. Le choix dépend des objectifs initiaux, du contexte, et des ressources à disposition.


1. Préciser des objectifs SMART avant l’événement


Impossible de mesurer ce qu’on n’a pas défini. Avant d’organiser votre team building, fixez-vous 3 à 5 objectifs précis, réalistes et mesurables. Par exemple :


  • Favoriser l’intégration des nouveaux arrivants (mesurer leur taux de satisfaction trois semaines plus tard)
  • Fluidifier la communication dans l’équipe projet X (réduire le nombre de mails conflictuels)
  • Booster la créativité collective (nombre de nouvelles idées proposées après la session)

2. Utiliser des indicateurs quantitatifs


  • Taux de participation : combien de personnes étaient réellement présentes et impliquées ?
  • Évolution du taux d’absentéisme ou des arrêts maladie dans l’équipe (avant/après sur 2-3 mois)
  • Productivité, efficacité : évolution du nombre de projets aboutis, de délais respectés ou de tickets clients clôturés
  • Taux de turn-over : réduction du nombre de départs volontaires après un cycle d’actions régulières

3. Miser sur le feedback qualitatif


  • Questionnaires de satisfaction immédiats : score sur la pertinence, l’ambiance ou la clarté
  • Entretiens individuels ou focus group : récolter les ressentis, suggestions et récits concrets de changement
  • Observation en réunion ou à l’écrit : repérer une nouvelle qualité de dialogue, le retour du « plaisir de travailler ensemble » ou encore une hausse de l’entraide informelle

4. Suivre l’évolution sur le moyen terme


L’effet boost du team building s’estompe parfois après quelques semaines. Se donner rendez-vous une ou deux fois pour refaire le point (mêmes mesures, mêmes indicateurs à 1 ou 3 mois) permet de valider les avancées réelles.


Focus : quels outils pratiques pour mesurer simplement ?


  • Grille d’évaluation anonyme à remettre à chaud (papier ou Google Forms) : ambiance, apprentissage, utilité perçue…
  • Quizz ou micro-tests sur les notions de collaboration ou la connaissance des rôles (pour mesurer l’évolution après un atelier ludique ou un escape game d’entreprise)
  • Tableau de bord des indicateurs d’équipe : à tenir à jour sur 3 ou 6 mois, incluant satisfaction, évolution de l’engagement, performance projet, absentéisme…

Astuce :


  • Impliquer les participants dans la définition des indicateurs.
  • Favoriser un retour libre (« qu’est-ce qui a changé pour vous ? ») plutôt qu’une grille fermée uniquement.

Retour d’expériences : ce qui marche et ce qu’il vaut mieux éviter


« Nous avons organisé un atelier théâtre en entreprise avec l’idée de réduire les tensions au sein d’une équipe soudée mais en perte d’énergie. Post-événement, nous avons constaté, d’après les retours anonymes, une réouverture du dialogue et un pic de motivation. Trois mois plus tard, l’équipe avait lancé un projet commun inédit — preuve que l’investissement avait payé ! » (Lucie, cheffe de projet)

« Les séminaires hors-site peuvent être vécus comme une récompense… ou comme une contrainte cachée si les participants ne comprennent pas l’objectif. La dernière fois, nous avons perdu en efficacité : les résultats du questionnaire sont restés moyens. Depuis, on associe systématiquement le staff à la co-construction du programme, ce qui améliore l’engagement et donc le ROI. » (Karim, RH)


Les erreurs classiques qui nuisent au retour sur investissement


  • Oublier de communiquer le sens de la démarche : Sans explication claire sur les buts, la démarche de team building reste superficielle dans son impact.
  • Sauter l’étape du bilan : Ne pas mesurer à froid, ne pas capitaliser sur les apprentissages, c’est risquer de réduire l’événement à une simple parenthèse festive.
  • Mauvais ciblage des objectifs : Des activités "fun" mais éloignées des problématiques réelles de l’équipe (ex. : escape game alors que le vrai enjeu est la gestion inter-générationnelle).
  • Ne mesurer que le côté quantitatif : Le ressenti, la confiance, l’écoute : autant de réalités essentielles et qui, bien captées, conditionnent le succès durable des équipes.

Checklist pratique : passer à l’action pour un team building rentable


  1. Établir les objectifs en coconstruction avec l’équipe (ex. : améliorer la circulation de l’information, réduire les tensions, stimuler la créativité…)
  2. Sélectionner les indicateurs clés qui suivront ces objectifs (absentéisme, taux de satisfaction, nombre de projets, feedbacks écrits…)
  3. Organiser le team building en respectant ces enjeux clairement énoncés
  4. Mesurer à chaud puis à distance (deux semaines à trois mois après), et croiser vos résultats
  5. Partagez les succès et points d’amélioration au sein de toute l’équipe
  6. Adoptez une logique d’amélioration continue : ajustez, testez, évaluez de nouveau, capitalisez !

En conclusion : mesurer le ROI, un réflexe payant et fédérateur


Intégrer l’évaluation systématique du retour sur investissement au cœur de ses démarches de team building, c’est se donner les moyens d’aligner motivation, engagement et efficacité d’équipe sur du long terme. Outils simples, indicateurs adaptés, implication du collectif : il ne s’agit pas d’une contrainte administrative, mais d’un levier puissant pour installer durablement une culture du dialogue, de l’amélioration et du plaisir partagé au sein du groupe. Plus vous apprendrez à mesurer, plus vos prochains team buildings gagneront en pertinence… et en résultats concrets.


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