Team building

Adapter son team building aux équipes internationales

Par Maxime
5 minutes

Team building international : réussir l’alchimie d’un groupe multiculturel


L’essor du travail à distance, la multiplication des filiales à l’étranger et la généralisation des bureaux multiculturels font du team building international un défi de plus en plus fréquent pour les entreprises. À l’heure où la cohésion d’équipe ne connaît plus de frontière, comment concevoir des activités qui respectent les spécificités culturelles et linguistiques de chacun ? Voici un guide pratique pour construire une expérience fédératrice, inclusive et réellement efficace, quelle que soit la composition de votre équipe.


Comprendre les enjeux d’un team building international


Fédérer des collaborateurs issus de plusieurs pays, aux habitudes et sensibilités variées, nécessite davantage d’attention que pour une équipe homogène. Il ne s’agit plus simplement de divertir ou de renforcer les liens : il faut aussi surmonter les différences de communication, de codes sociaux et d’attentes vis-à-vis du collectif et du management.


Les principaux défis identifiés :


  • Les barrières de la langue et des accents.
  • Des modes de pensée et d’organisation du temps parfois opposés.
  • Des pratiques sociales divergentes (hiérarchie, distance, humour, expression des émotions…)
  • Des fêtes ou références culturelles hétérogènes.

Éviter les écueils classiques : ce qui ne fonctionne (presque) jamais


  • Les activités fondées sur un humour local ou des références culturelles obscures : si la moitié du groupe ne comprend pas la blague, vous risquez de créer de la gêne plus que de la complicité.
  • Les challenges basés sur la performance individuelle : ils peuvent générer de la compétition au détriment de l’esprit de groupe, surtout si l’échec met quelqu’un en difficulté devant ses collègues.
  • Les ateliers qui négligent la question de la langue : donner des consignes rapides ou utiliser un vocabulaire complexe peut mettre certains participants hors-jeu dès les premières minutes.
  • Imposer un « melting pot » sans accompagnement : supposer que tout le monde sera spontané et s’adaptera immédiatement aux pratiques des autres est rarement réaliste.

Préparer le terrain : l’écoute des attentes et la définition des règles


Un team building international réussi se prépare en amont. Voici les étapes incontournables :


  1. Identifier les nationalités/identités représentées : établissez la cartographie culturelle du groupe. Demandez une présentation rapide des origines de chaque participant. Cela évite les impairs et valorise la diversité.
  2. Réaliser un mini-sondage : recueillez anonymement les envies, freins, peurs (langue, activité physique, horaires, alimentation) pour éviter les situations inconfortables.
  3. Poser des règles inclusives dès le départ : encouragez le respect du temps de parole, la bienveillance, l’exploration de points communs et la valorisation des différences.

Choisir l’activité : diversité, accessibilité et coopération avant tout


  • Privilégiez les défis collectifs à résolution collaborative : escape game multilingue, atelier créatif où chacun apporte une touche de sa culture, construction ou jeu de rôles avec missions communes.
  • Soyez attentif au langage utilisé sur les supports : optez pour une animation bilingue (au minimum) et privilégiez les consignes simplifiées à l’oral comme à l’écrit.
  • Valorisez la découverte interculturelle : organisez un atelier cuisine où chaque équipe présente une recette nationale, invitez les participants à apporter un objet ou une anecdote de leur pays, ou lancez un quizz international allégé où aucune culture n’est avantagée.
  • Adaptez le format : pour les équipes dispersées, misez sur le digital : plateforme de jeu en ligne, défi créatif en visioconférence, photomontage collaboratif…

Conseils pratiques pour une animation fluide et fédératrice


  • Alternez journées multilingues et moments libres : prévoyez temps de pause et activités informelles où chacun peut échanger dans sa langue ou partager autour d’un café.
  • Formez des sous-groupes mixtes : mélangez les nationalités mais veillez à l’équilibre des niveaux de langue pour garantir que personne ne soit isolé.
  • Encouragez l’entraide linguistique : désignez un binôme « parrain/marraine » pour chaque participant moins à l’aise, surtout lors de jeux où la réactivité est clé.
  • Recourez à l’image et au geste : supports visuels, mimes, dessins simplifient la compréhension et relancent l’ambiance en cas de flottement.
  • Valorisez les succès communs, dédramatisez l’échec : l’important est la progression du groupe, pas le résultat isolé.

Idées d’activités éprouvées pour un team building international


  • Rallye photo multilingue : challengez les équipes sur une série de thèmes (personnages, lieux, situations) interprétables selon leur culture, puis organisez un vote collectif des meilleurs clichés.
  • Escape game digital ou immersif bilingue : puzzles universels, consignes doublées, points bonus pour l’entraide linguistique.
  • World café thématique : chaque table anime un débat ou un brainstorming sur une problématique internationale, changée à chaque rotation.
  • “International breakfast” partagé : chaque participant amène une spécialité, moment fort pour briser la glace et échanger (y compris en visio, avec partage de recettes).
  • Atelier “Guess my custom” : présentation de traditions personnelles ou anecdotes nationales à faire deviner au reste du groupe, favorisant l’écoute et la curiosité.

Les pièges à éviter pour garantir l’inclusion


  • Évincer des participants faute de moyens de traduction : prévoir un traducteur (humain, logiciel) ou un animateur bilingue reste indispensable si tous ne maîtrisent pas l’anglais.
  • Forcer les échanges à sens unique : veillez à ce que chacun ait l’occasion de s’exprimer et ne subisse pas le rythme des plus loquaces.
  • Sous-estimer la fatigue linguistique : varier les activités, limiter la durée des séances et offrir des temps de repos pour éviter toute frustration liée à l'effort de compréhension.
  • Imposer une vision managériale unique : intégrez différentes traditions de prise de décision et d’autorité, notamment lors des ateliers de réflexion ou de résolution de problème.

Focus : le retour d’expérience de managers internationaux


“Lors de notre premier team building à l’international, ce sont les pauses café informelles, où Français, Indiens et Allemands ont échangé sur leurs cultures culinaires, qui ont le plus marqué les esprits. La visite de la ville n’a pas eu autant d’impact que ce moment simple de convivialité authentique.” (Laura, RH Europe)

“Nous pensions qu’un escape game classique ferait l’unanimité. Finalement, nous avons dû improviser en traduisant les énigmes après chaque étape, et ce sont les dessins sur le paperboard qui ont permis à tous de participer. L’an prochain, on opte pour le bilingue dès la conception.” (Vladimir, responsable d’équipe technique)


À retenir / checklist pour adapter son team building à l’international


  • Validez les compétences linguistiques du groupe et prévoyez un support si besoin.
  • Privilégiez les activités créatives, manuelles, culinaires ou visuelles sur le 100% verbal.
  • Testez et faites valider le contenu par une personne extérieure à la culture dominante du groupe.
  • Intégrez la diversité culturelle dans les détails du programme (restauration, pauses, musiques, horaires…).
  • Mesurez la satisfaction “à chaud” et “à froid” pour améliorer les futures éditions.

Conclusion : construire des passerelles, pas des barrières


Réussir un team building international ne relève pas du hasard ni de la seule bonne volonté. Il s’agit d’un travail d’écoute, de préparation et de créativité, qui s’appuie sur la conviction que la différence, loin d'être un obstacle, est une formidable ressource. En misant sur la simplicité, l’empathie et l’inclusion, chaque manager ou organisateur peut transformer les disparités culturelles en atouts pour forger la “vraie” cohésion d’équipe, celle qui perdure bien au-delà des frontières et des fuseaux horaires.


En résumé : osez mélanger les codes, inventez des formats hybrides, célébrez la pluralité. C’est ainsi que l’international devient le meilleur moteur d’une dynamique collective renouvelée… et que chaque team building se mue en aventure humaine.

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